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Título
De la rhetorique de la Modernite a la poetique de la Colonialite: les mécanismes transatlantiques de subalternisation du Désert et de l’Indien (Argentine, 1820-1885)
Autor(es)
Director(es)
Palabras clave
Tesis y disertaciones académicas
Universidad de Salamanca (España)
Tesis Doctoral
Academic dissertations
Rhetorique
Modernite
Poetique
Désert et de l’Indien
Clasificación UNESCO
5504.02 Historia Contemporánea
Fecha de publicación
2020
Resumen
[FR] Alors que je m’étais pour la première fois un pied en Amérique latine, et que je n’avais
pas voulu me gâcher le plaisir de la découverte d’un nouveau pays par des lectures, je fus
confuse de voir le décalage entre mon imaginaire sur l’Amérique du Sud et la réalité
socioculturelle de l’Argentine. Lors de ce premier voyage en Argentine, je n’ai cessé d’être
interpellée par l’orgueil avec lequel les Argentins que je rencontrais à Buenos Aires faisant
référence à leurs origines européennes, à leur capitale qui ressemble à un « petit Paris », aux
pratiques sportives marquées par l’influence « british » et à leur « statut différent » des autres
pays latino-américains.
Après être revenue en France et avoir pris du recul sur cette expérience, j’ai voulu en
savoir davantage sur l’histoire de ce pays qui ressemblait à des petits « États-Unis » tout au sud
du continent américain, en tant que nation construite à partir d’immigrés européens où le
métissage avec des peuples natifs d’Amérique semblait absent. J’ai alors commencé à feuilleter
des ouvrages sur l’histoire générale de l’Argentine. Alors que les pages sur l’immigration
européenne illustraient l’histoire que j’avais déjà entendue de familles d’amis argentins venues
d’Italie, d’Espagne, de Suisse il y a plusieurs décennies, mon attention fut attirée par les
quelques mentions à l’histoire de la colonisation de la Pampa, de la Patagonie et du Chaco,
territoires où vivant d’« irréductibles tribus sauvages ». Il s’agissait d’un épisode de l’histoire
du pays dont je n’avais pas connaissance, dont personne ne m’avait jamais parlé. J’ai dû alors
me procurer des ouvrages plus récents que ceux fournis par la bibliothèque de l’Université du
Mans pour étendre mes connaissances sur ce sujet. En effet, plus les livres étaient récents, plus
les travaux sur la question étaient nombreux et complets, preuve d’un mouvement de révision
de l’histoire officielle qui avait passé sous silence le processus dit d’« homogénéisation
territoriale et identitaire ». Alors, tout naturellement, j’ai continué ce chemin vers la
compréhension du profil actuel de l’Argentine en choisissant de faire mon mémoire de Master
de Recherche sur les liens idéologiques et politiques entre le racisme anti-Indien et
l’immigration européenne pendant de la période de construction de l’État-nation, puisque ces
décennies charnières semblaient avoir défini l’ADN argentin, aux deux sens du terme, jusqu’à
nos jours. Aux termes de ces deux premières années de recherches, mon intérêt s’est
définitivement tourné vers l’histoire de la subalternisation des peuples natifs, en tant que future
chercheuse et en tant que citoyenne engagée. En effet, en lisant l’actualité argentine, et plus
largement du sous-continent latino-américain, je fus interpellée non seulement par la situation
contemporaine des communautés indigènes, mais aussi, et surtout, par les moyens mis en œuvre
pour les disqualifier. En effet, plusieurs échos se faisaient entre le passé et le présent, la négation
de leurs droits territoriaux au profit de l’exploitation des ressources naturelles ou encore la
criminalisation des Mapuches, par ne citer que deux exemples. Ainsi, dans la même dynamique
que celle qui guida mon mémoire de Master, le projet de recherche doctorale sur l’histoire du
XIXe
siècle s’est conçu à travers un double objectif : prendre part à la compréhension et à
l’écriture/réécriture de l’histoire des peuples natifs de la Pampa et de la Patagonie, d’une part ;
et, d’autre part, participer à une réflexion sur la situation actuelle de ces communautés en
mettant en lumière certains mécanismes, certaines logiques, certains patrons de pouvoir qui
perdurent jusqu’à nos jours. L’adoption du cadre théorique décolonial correspond pleinement
à cette démarche qui lie le passé et le présent, l’histoire et l’actualité, la recherche et la réalité
sociopolitique. D’ailleurs, puisqu’il me semblait illusoire de détacher ma sensibilité et mon
engagement personnel autour des thématiques sociales — notamment à propos des questions
de races, de genres, de minorités — de mon travail de jeune chercheuse, ma thèse doctorale
assume sa dimension éthique et politique, annoncée dès le titre portant les stigmates de la
théorie décoloniale, parfois critiquée et d’autres fois valorisée pour son implication auprès de
certaines organisations politiques et associations alternatives.
Je soutiens qu’un projet de recherche doctorale non financée ne peut se construire à
partir d’un sujet imposé par une instance et n’est jamais le fruit du hasard, telle la pomme qui
tombe sur la tête d’Isaac Newton lui donnant ainsi la théorie si célèbre. Un tel projet de
recherche se doit d’émaner d’une intuition, d’une réflexion personnelle et d’une implication
face à son sujet. Alors, grâce à cette ferveur, cet enthousiasme et ce sentiment profond
d’engagement, il a été possible de travailler de manière intense, assidue, passionnée pour donner
forme à cette thèse, donner mots à cette démonstration et donner sens à ce projet à la fois
académique et humain.
URI
DOI
10.14201/gredos.145452
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